Chronique à parution épisodique; publiée à ses frais et en dehors de son temps de travail par
Jean-Pierre Dulex
La Gazette

Leysenoude

Le contenu éditorial, en particulier les texte de la rubrique «Point de vue» ne représentent l'avis d'aucun parti politique, association, secte ou groupe de pression organisé et ne reflète que l'opinion de leur auteur.
Retour au sommaire Gazette leysenoude (archives)

visiteurs pour cette page

Contact et info : gazette@meteoloeysin.com

Numéro du 7 octobre 2006

Sommaire :

  • Politique

Mieux intégrer les constructions au terrain naturel

  • Point de vue

Il est temps d'agir

  • Politique

La Coop épinglée

  • Nature

Un mois de septembre très doux

La parution de la Gazette est irrégulière. Si vous désirez être tenu au courant de la sortie d'un nouveau numéro et de son sommaire par courriel, faite le moi savoir par un petit mot à gazette@meteoloeysin.com

Politique

Une motion pour modifier le règlement de construction
Halte aux talus artificiels !

Lors de la dernière séance du Conseil communal, une motion demandant une modification du règlement des constructions a été déposée par Jean-Martin Stoll (Forum socialiste). Le motionnaire, soutenu par une large majorité du Conseil, demande qu’il ne soit plus possible à l’avenir d’ériger des bâtiments en saillie sur des talus artificiels et que la pente naturelle du terrain, avant aménagements, serve désormais de référence pour fixer la hauteur maximale des bâtiments.

Les dispositions en vigueur actuellement à Leysin permettent de surélever artificiellement un bâtiment en créant des remblais et des talus qualifiés de «forts laids» par le motionnaire. Des talus qui sont de plus souvent recouvert d’une bien triste et morne végétation, cotoneasters en particulier, heureusement interdits aujourd’hui pour des mesures de protection des vergers. Ces bâtiments en saillie portent préjudice aux voisins et font taches dans le paysage. Dans les cas les plus extrêmes, on en arrive ainsi à «une sorte de tricherie par rapport à l’esprit du règlement communal». Dans le développement de son argumentation soutenant le dépôt de sa motion, Jean-Martin Stoll cite comme exemple les bâtiments Val-Fleuri et plusieurs chalets récemment construits dans la région d’Avouillon.

Dans le règlement actuel, la hauteur des bâtiments est fixée part la hauteur mesurée une fois le terrain aménagé, sur la façade aval et uniquement à l’aplomb du faîte. Le motionnaire propose que cette limite de hauteur soit désormais calculée en fonction du terrain naturel, avant aménagement ; par exemple en prenant le niveau moyen du terrain au droit de la façade aval ou encore en faisant une moyenne entre les 4 angles du bâtiment. Des dispositions qui sont d’ailleurs en vigueur dans de nombreuses communes du canton. En ce qui concerne la taille maximale des remblais, Jean-Martin Stoll propose d’étudier de ce qui se fait ailleurs - il cite le cas du règlement de Collombier-sur-Morges - mais en adaptant les hauteurs à notre situation plus pentue, l’idée étant surtout que le terrain fini soit en continuité harmonieuse avec les parcelles adjacentes.

Au vote, la motion Stoll a été acceptée par le Conseil par 17 oui, 11 non et 7 abstentions. À noter pour terminer que, comme prévu par le règlement, un délai de réponse au 31 décembre prochain a été imparti à la Municipalité pour donner une suite à cette motion.

JPD

Le chalet «Les Aloutettes» et son talus disproportionné et pas du tout en continuité avec la pente naturelle voisine a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le motionnaire.

Point de Vue

Il est temps de prendre le taureau par les cornes !

Il y a des années que l’on parle de la nécessité de retravailler de fond en comble tout ce qui a trait au domaine des constructions dans nos divers règlements communaux. Le problème des «taupinières» érigées artificiellement devant des chalets pour être conforme au règlement en vigueur ne date pas d’hier et il y en a de très nombreux exemples dans la station. Parfois, il faut même imaginer un fil à plomb fort peu vertical pour que la projection à partir du faîte arrive au monticule artificiel censé représenter le niveau zéro du terrain aménagé. Plusieurs chalets ont ainsi gagné un rez-de-chaussée, très partiellement enterré sur la façade sud du bâtiment, d’autres se retrouvent perchés au sommet d’un monticule artificiel pour avoir une vue imprenable, mais en gâchant celle des voisins; d’autres encore sont plus hauts que le règlement ne le permet sur trois façades, y compris à l’arrière !, alors qu’un insolite tas de terre les rend conformes à la lettre du règlement, mais non à son esprit sur la façade aval ! Il est donc urgent que ce point soit revu et l’on ne peut que se réjouir de la prise en considération de cette motion.
Mais c’est bien d’une refonte totale de tout ce qui touche aux divers règlements des constructions et de leurs zones, dont nous avons besoin, ainsi que de nous mettre en conformité avec certaines dispositions en vigueur qui ne sont pas appliquées. Voici quelques exemples, non exhaustifs, du flou artistique qui règne actuellement dans le domaine :

• En zone chalet, toute activité commerciale ou industrielle, dont la para-hôtellerie est en principe exclue. Il est pourtant incontestable que le besoin existe et qu’une telle offre se doit d’être proposée par une station telle que Leysin, mais le règlement actuel a été prévu pour préserver une certaine tranquillité dans ces zones. Il est tout aussi incontestable que 10 ou 20 touristes accueillis dans un chalet en chambres d’hôtes font plus de bruit et induisent plus de trafic que si ce chalet est occupé par une famille. Citons encore les livraisons (boulanger tôt le matin par exemple) qui ne sont que fort rarement demandées par des privés, alors qu’elles sont la règle en exploitation para hôtelière et qui provoquent elles aussi du bruit à des heures en principe calmes. Où faut-il fixer la limite ? Si les autorités ont laissé passer ces dernières années quelques chalets neufs conçus dès le début pour une utilisation para-hôtelière sans que personne n’y trouve grand chose à redire, le processus s’est assez logiquement heurté à une limite lors de la mise à l’enquête d’un vaste projet axé sur le wellness qui a été bloqué par des oppositions et finalement abandonné car ostensiblement non conforme à la destination de la zone.

 • Dans les mêmes zones de chalets, éloignées du centre, quel type de commerces de proximité (épicerie, kiosque…) est-il envisageable – ou même souhaitable - de voir se réaliser ?

 • Depuis des années, les permis de construire délivrés précisent que les eaux claires doivent être, dans toute la mesure du possible, infiltrées dans le terrain dans toutes les zones, encore nombreuses, où la commune n’a pas réalisé de système séparatif. Il se trouve que ce point n’a quasiment jamais été respecté et que les eaux claires de très nombreuses constructions récentes sont mélangées aux eaux usées dès l’arrivée dans le collecteur communal. Si l’on prend 140 m2 comme surface de toit pour un chalet de taille moyenne (les avants toits sont obligatoirement fort larges à Leysin !), cela fait plus de 180 000 litres par année d’eau claire par chalet qui doit être traitée par la STEP ! De plus, alors que nous sommes en principe taxés pour chaque m3 que nous envoyons à la STEP, ces centaines de milliers de m3 échappent eux à toute taxe ! Pourquoi dès lors ne pas envisager de taxer ceux dont le permis de construire demandait clairement une infiltration des eaux claires et qui ne se sont même pas donné la peine de voir si la possibilité de le faire existait, se contentant d’une politique du tout-à-l’égout qui ne devrait plus être tolérée aujourd’hui. La loi prévoit d’ailleurs aujourd’hui clairement le principe du pollueur payeur, en fonction de la quantité réelle d’eau envoyée à la STEP. Une taxation qui prendrait bien évidemment fin dès que le séparatif serait effectif pour les bâtiments concernés ou dès qu’une infiltration des eaux claires serait mise en place. Du point de vue énergétique, il est vrai que les eaux de notre STEP produisent de l’énergie verte grâce à une microcentrale électrique, mais il voudrait probablement bien mieux turbiner séparément les eaux claires et les eaux sortant de la STEP, plutôt que de diminuer le rendement de cette dernière avec des eaux pas assez chargées et d’en augmenter les coûts de traitement. Sans compter que ces eaux de pluie contribuent grandement aux épisodes de saturation de la STEP, lors d’orages violents ou de forte fonte des neiges et qu’à ces moments-là une partie de l’eau usée contourne tout simplement la STEP et file au ruisseau sans le moindre traitement !

• Relevons encore pour terminer le problème des permis d’habiter. Si dans certaines communes pointilleuses, il faut obtenir une autorisation provisoire d’habiter avant d’oser passer la première nuit dans sa nouvelle maison, le permis définitif est ensuite délivré dans les semaines qui suivent; il y a à Leysin plusieurs dizaines de chalets qui n’ont pas reçu ce permis, certains l’attendant depuis une dizaine d’années ! Que se passerait-il si un accident grave se passait dans l’un de ces bâtiments et qu’à l’heure où tout se traite par juriste interposé, un propriétaire se retourne contre la commune à cause d’un point de construction non conforme à une norme en vigueur qui pourrait être à l’origine de l’accident ?

Politique

Une motion pour que la Coop participe à Enjoy !

Le grand distributeur ne s’implique pas assez localement

Une seconde motion a été acceptée par les conseillers et donc transmise à la Municipalité lors de la dernière séance du Conseil communal. Déposée par Jean-Robert Neveu (GIL), elle demande que la Municipalité prenne contact avec la direction régionale de la Coop afin que le grand distributeur s’engage lui aussi financièrement pour soutenir le projet Enjoy, comme le font une grande majorité des entreprises et commerces locaux.

Implantée dans ses locaux actuels depuis une quinzaine d'années, la Coop n’a il est vrai guère acquis une réputation de participer, même modestement, au soutien des activités de la collectivité leysenoude. Le grand distributeur bâlois ne cotise ainsi pas à l’ACAL (la société des commerçants et artisans de Leysin), ni par exemple à Leysin Tourisme.

Arguant que les touristes sont une clientèle importante pour la Coop de Leysin, le motionnaire estime qu’il serait normal que la chaîne de grande distribution s’investisse aussi dans le projet Enjoy dont le but est d’améliorer l’attractivité touristique de la station. Il a aussi relevé dans son argumentation que la clientèle du magasin utilise régulièrement et sans contre partie financière de nombreuses places de parc publiques.

À noter au passage que  le discounter PAM, le seul concurrent de la Coop sur la place de Leysin, s’en sort nettement mieux sur ce sujet puisque son gérant est toujours prêt à faire un geste en faveur des sociétés locales (ski-club, garderie, écoles, etc…).

A l’heure de défendre sa motion, Jean-Robert Neveu a affirmé qu’il hésitait quelque peu à la déposer, puisque le syndic Jean-Marc Udriot venait d’annoncer, lors du débat sur Enjoy, que la Coop avait d’ores et déjà été contactée par ses soins et qu’un rendez-vous avec la direction régionale était planifié. Mais le motionnaire a finalement estimé qu’un soutien du Conseil était utile pour donner encore plus de poids à la démarche municipale. Le vote lui a donné raison puisqu’il s’est trouvé une majorité de conseillers pour partager son point de vue sur le manque d’engagement chronique du géant orange en faveur de la collectivité locale. Il ne reste donc plus qu’à souhaiter que le message soit reçu 5 sur 5!

JPD

Nature

L'un des plus chaud depuis 140 ans !

Chaud, froid, chaud ! Tel est le bilan des trois derniers mois ! Juillet a été remarquablement chaud, août a été l’un des plus froid depuis 100 ans et voilà que le mois de septembre est l’un des plus chaud jamais enregistré. A Engelberg, c’est même le plus chaud depuis le début des mesures en 1864 ! Ici à Leysin, l’excédent thermique par rapport aux normes est de 3.4°C. Côté pluie, les 81 mm tombés durant ce mois représentent le 70% des normes.

Septembre plus chaud qu’août !

Avec une température moyenne de 14.2°C, septembre 2006 se paie même le luxe d’écraser le mois d’août dernier (11°C seulement) ! Mieux encore, les 14.2°C de septembre sont plus haut que la valeur normale du mois le plus chaud de l’année qui est le mois de juillet avec une normale de 14°C.

Les premiers jours du mois furent particulièrement estivaux, avec une isotherme 0°C qui est resté plusieurs jours vers 4700 m. Ainsi le 6 à 6h du matin, il faisait 6.8°C au Jungraujoch à 3580 m ! La minimale de ce même jour ici à Leysin a été de 16.2°C et la maximale de 23.2°C, des valeurs pleinement estivales. La maximale jamais enregistrée à Leysin en septembre date de 1943 avec 25°C. Alors que la valeur moyenne normale du mois de septembre à Leysin est de 10.8°C, il n’y a eu qu’un seul jour cette année de tout le mois avec une température moyenne inférieure à 10°C (le 26 avec 8.4°C). La minimale absolue du mois (7.3°C) date du même jour à l’occasion d’un bref épisode de bise à l’arrière du passage d’un front froid.

Retour d’est très actif

Côté pluie, il y a eu trois épisodes principaux. Le premier les 10-11, avec un cumul de 11.2 mm enregistré à l’occasion de deux épisodes orageux. L’événement le plus marquant a été l’épisode de 14 au 18 septembre, certaines localités du pays recevant jusqu’à 75 mm de pluie en 12 heures lors du passage d’une dépression sur le sud de la France puis le nord de l’Italie. Ici le fœhn nous a tenu totalement à l’écart des pluies des deux premières journées, mais le 17, la dépression en question s’est retrouvée du côté de l’Adriatique et nous a valu un fort actif retour d’est qui par effet de barrage a provoqué de pluies durables et intenses contre le versant nord des Alpes. Ici le cumul a frôlé les 50 mm en 24h, alors que dans le canton de St Gall, il en est tombé jusqu’à 120 mm à Ebnat Kappel dans le même laps de temps ! Enfin, une dernière perturbation a laissé 11.4 mm les 25 et 26 septembre.

Au bilan, les 81 mm d’eau récoltés ce mois représentent le 70% des 104 mm qui tombent en moyenne en septembre à Leysin. Au bilan annuel provisoire, le cumul actuel est de 850 mm ce qui représsente le 80% des valeurs habituelles cumulées à cette période de l’année.

Ensoleillement dans la norme

Côté ensoleillement, les 171 heures de présence de Jean Rosset dépasse de peu (8heures) les valeurs normales du mois.

(jpd)

A noter pour les personnes intéressées que des commentaires mensuelles semblables à celui-ci sont disponibles depuis mars 2000 (avec quelques lacunes en été) sur le site www.meteoleysin.com, rubrique données et graphiques, puis archives.