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Alors que la mise à l’enquête de la seconde étape de réalisation de l’enneigement mécanique du 17 mars au 6 avril dernier (pour une synthèse de la saga des canons à neige à Leysin, voir la Gazette Leysenoude du 21 mars) n’avait pas suscité la moindre remarque ou opposition (voir Gazette du 6 avril), il a fallu 5 longs mois aux services cantonaux pour établir la synthèse du dossier ! Et ceci malgré des interventions quasi quotidiennes auprès des services concernés par le syndic, ce dernier intervenant jusqu’au Conseiller d’Etat en charge du dossier pour faire activer les choses. Finalement, ce n’est que la semaine dernière que la Municipalité a enfin pu délivrer le permis de construire et que les premiers coups de pioche ont pu être donné, alors même que la neige pourrait faire son apparition dans les semaines qui suivent !
Rappelons tout d’abord que la mise à l’enquête du printemps dernier ne concernait pas le bassin d’accumulation, celui-ci ayant déjà été mis à l’enquête en juin 2004, en même temps que la pose des 43 perches à neige situées entre le lac d’Aï et le village. Bien qu’entre temps, le volume du bassin ait passé de 25 000 m3 à 43 000 m3, les travaux de ce dernier ont pu débuter en juin et pour celui-ci le calendrier a (presque) pu être respecté malgré les pluies du mois d’août qui ont causé quelques problèmes. La digue de terre est actuellement quasi terminée et l’étanchéité du fond est en cours de réalisation.
Les parties qui ont été retardées par les lenteurs chroniques et inadmissibles de l’administration cantonale, sont les travaux pour le renouvellement complet de l’obsolète installation d’enneigement de la piste Aï-Berneuse et ceux qui permettront l’enneigement de la piste de Chaux-de- Mont, ainsi que les fouilles et travaux d’aménagement de la piste à réaliser au sud du lac d’Aï. A noter que durant l’été, pensant que la synthèse du canton était imminente, les machines sont même montées sur place, mais ont dû être redescendues en plaine lorsqu’il est apparu que le dossier traînait quelques part dans les obscurs et compliqués rouages du SAT (service de l’aménagement du territoire).
Deux poids, deux mesures ?
Par ailleurs, il semble bien que nous ne soyons pas tous égaux face à l’administration cantonale. Si 5 mois exactement ont été nécessaires pour que Leysin reçoive le feu vert cantonal (fin de la mise à l’enquête le 6 avril et feu vert du canton le 5 septembre), il n’en a fallu qu’un peu plus de la moitié aux Diablerets puisque la mise à l’enquête pour leur installation d’enneigement mécanique s’est terminée le 12 juin et que le permis de construire a été délivré quelques jours avant celui de Leysin ! Mais il est vrai que c’est aux Diablerets et non à Leysin que le Conseiller d’Etat en charge de l’aménagement du territoire, comme d’innombrables autres membres de la nomenklatura politique vaudoise, ont leur résidence secondaire ! Ceci expliquant peut être cela…
Retards chroniques
A noter que les retards dans le traitement des dossiers du côté du Service de l’aménagement du territoire n’est pas un cas isolé, mais un mal chronique. L’an dernier, l’auteur de ce coup de gueule a ainsi attendu des mois pour que ce même service établisse la synthèse pour une installation de capteurs photovoltaïques incorporée à une toiture existante ! Là aussi, la mise à l’enquête publique s’était déroulée comme une lettre à la poste et n’avait pas suscité la moindre opposition. Mais, n’étant pas syndic d’une commune, mes innombrables téléphones et courriers sont restés lettre morte. Finalement, après plus de 6 mois, il m’a été répondu que mon dossier avait été retrouvé sur une pile en attente de traitement. Mon interlocuteur m’a alors affirmé qu’un tel délai était «totalement inacceptable», mais que le retard était dû à un collaborateur surchargé ayant disjoncté et que la synthèse allait maintenant être réalisée dans les cinq jours. Mais il a fallu plus d’un mois supplémentaire et une lettre de la Municipalité exigeant un traitement immédiat, pour que la synthèse favorable arrive enfin. Une synthèse qui précise finalement que le projet «s’inscrit pleinement dans l’esprit du développement durable prôné par le canton» ! Que de temps perdu pour en arriver là !
Par ailleurs, une discussion avec n’importe quelle municipalité de ce canton permet de constater que des problèmes semblables existent un peu partout. Il serait temps que nos hommes politiques, qui se disent pour la plupart conscients du problème, empoignent le taureau par les cornes et remettent quelques services cantonaux à l’ordre. Malheureusement, le Grand Conseil se contente trop souvent de ronronner dans son coin, ergotant des heures sur des points de détails, pendant que l’administration devient elle un véritable Etat dans l’Etat, échappant de plus en plus à tout contrôle politique et se créant elle-même des procédures de plus en plus complexes qui nécessitent toujours plus de temps pour traiter les dossiers.
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