Chronique à parution épisodique; publiée à ses frais et en dehors de son temps de travail par
Jean-Pierre Dulex
La Gazette

Leysenoude

Le contenu éditorial, en particulier les texte de la rubrique «Point de vue» ne représentent l'avis d'aucun parti politique, association, secte ou groupe de pression organisé et ne reflète que l'opinion de leur auteur.
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Numéro du 20 septembre 2006

Sommaire :

  • Editorial

Enneigement mécanique : 5 mois pour délivrer le permis !

  • Politique

Les aventures de la chaudière du nord chauffage

  • Fait divers

Le mur de la discorde

  • Politique

250 000 francs pour améliorer l'accueil ?

La parution de la Gazette est irrégulière. Si vous désirez être tenu au courant de la sortie d'un nouveau numéro et de son sommaire par courriel, faite le moi savoir par un petit mot à gazette@meteoloeysin.com

Editorial

Seconde phase de l'enneigement mécanique

Le dossier traîne cinq mois au canton !

Alors que la mise à l’enquête de la seconde étape de réalisation de l’enneigement mécanique du 17 mars au 6 avril dernier (pour une synthèse de la saga des canons à neige à Leysin, voir la Gazette Leysenoude du 21 mars) n’avait pas suscité la moindre remarque ou opposition (voir Gazette du 6 avril), il a fallu 5 longs mois aux services cantonaux pour établir la synthèse du dossier ! Et ceci malgré des interventions quasi quotidiennes auprès des services concernés par le syndic, ce dernier intervenant jusqu’au Conseiller d’Etat en charge du dossier pour faire activer les choses. Finalement, ce n’est que la semaine dernière que la Municipalité a enfin pu délivrer le permis de construire et que les premiers coups de pioche ont pu être donné, alors même que la neige pourrait faire son apparition dans les semaines qui suivent !

Rappelons tout d’abord que la mise à l’enquête du printemps dernier ne concernait pas le bassin d’accumulation, celui-ci ayant déjà été mis à l’enquête en juin 2004, en même temps que la pose des 43 perches à neige situées entre le lac d’Aï et le village. Bien qu’entre temps, le volume du bassin ait passé de 25 000 m3 à 43 000 m3, les travaux de ce dernier ont pu débuter en juin et pour celui-ci le calendrier a (presque) pu être respecté malgré les pluies du mois d’août qui ont causé quelques problèmes. La digue de terre est actuellement quasi terminée et l’étanchéité du fond est en cours de réalisation.

Les parties qui ont été retardées par les lenteurs chroniques et inadmissibles de l’administration cantonale, sont les travaux pour le renouvellement complet de l’obsolète installation d’enneigement de la piste Aï-Berneuse et ceux qui permettront l’enneigement de la piste de Chaux-de- Mont, ainsi que les fouilles et travaux d’aménagement de la piste à réaliser au sud du lac d’Aï. A noter que durant l’été, pensant que la synthèse du canton était imminente, les machines sont même montées sur place, mais ont dû être redescendues en plaine lorsqu’il est apparu que le dossier traînait quelques part dans les obscurs et compliqués rouages du SAT (service de l’aménagement du territoire).

Deux poids, deux mesures ?

Par ailleurs, il semble bien que nous ne soyons pas tous égaux face à l’administration cantonale. Si 5 mois exactement ont été nécessaires pour que Leysin reçoive le feu vert cantonal (fin de la mise à l’enquête le 6 avril et feu vert du canton le 5 septembre), il n’en a fallu qu’un peu plus de la moitié aux Diablerets puisque la mise à l’enquête pour leur installation d’enneigement mécanique s’est terminée le 12 juin et que le permis de construire a été délivré quelques jours avant celui de Leysin ! Mais il est vrai que c’est aux Diablerets et non à Leysin que le Conseiller d’Etat en charge de l’aménagement du territoire, comme d’innombrables autres membres de la nomenklatura politique vaudoise, ont leur résidence secondaire ! Ceci expliquant peut être cela…

Retards chroniques

A noter que les retards dans le traitement des dossiers du côté du Service de l’aménagement du territoire n’est pas un cas isolé, mais un mal chronique. L’an dernier, l’auteur de ce coup de gueule a ainsi attendu des mois pour que ce même service établisse la synthèse pour une installation de capteurs photovoltaïques incorporée à une toiture existante ! Là aussi, la mise à l’enquête publique s’était déroulée comme une lettre à la poste et n’avait pas suscité la moindre opposition. Mais, n’étant pas syndic d’une commune, mes innombrables téléphones et courriers sont restés lettre morte. Finalement, après plus de 6 mois, il m’a été répondu que mon dossier avait été retrouvé sur une pile en attente de traitement. Mon interlocuteur m’a alors affirmé qu’un tel délai était «totalement inacceptable», mais que le retard était dû à un collaborateur surchargé ayant disjoncté et que la synthèse allait maintenant être réalisée dans les cinq jours. Mais il a fallu plus d’un mois supplémentaire et une lettre de la Municipalité exigeant un traitement immédiat, pour que la synthèse favorable arrive enfin. Une synthèse qui précise finalement que le projet «s’inscrit pleinement dans l’esprit du développement durable prôné par le canton» ! Que de temps perdu pour en arriver là !

Par ailleurs, une discussion avec n’importe quelle municipalité de ce canton permet de constater que des problèmes semblables existent un peu partout. Il serait temps que nos hommes politiques, qui se disent pour la plupart conscients du problème, empoignent le taureau par les cornes et remettent quelques services cantonaux à l’ordre. Malheureusement, le Grand Conseil se contente trop souvent de ronronner dans son coin, ergotant des heures sur des points de détails, pendant que l’administration devient elle un véritable Etat dans l’Etat, échappant de plus en plus à tout contrôle politique et se créant elle-même des procédures de plus en plus complexes qui nécessitent toujours plus de temps pour traiter les dossiers.

 Jean-Pierre Dulex

Politique

Les aventures de la chaudière du Nord !

L’essentiel de la séance urgente du Conseil communal du 7 septembre dernier a consisté à accorder un crédit de 105 000 francs pour le remplacement du chauffage de la salle du Nord (voir la Gazette du 8 septembre pour les détails). La Gazette revient aujourd’hui sur quelques interventions individuelles qui ont clos cette séance.

Mais revenons tout d’abord à la salle du Nord pour signaler une inexactitude contenue dans le Préavis municipal concernant le remplacement du chauffage. Si la chaudière à vapeur hors d’usage depuis l’hiver dernier est bel et bien une antiquité, elle ne date pas, comme indiqué, de la construction du bâtiment en 1932 ! Elle a en effet été remplacée en décembre 1968 suite à une «bêtise» de la propriétaire de l’époque, Mme Landry. Le 26 décembre 1968, Mme Landry s’aperçoit en enclenchant la chaudière qu’elle contenait trop d’eau. Elle ouvre alors la vanne de vidange ad hoc pour diminuer le niveau d’eau. A cet instant, le téléphone de la boulangerie sonne et Mme Landry monte pour répondre, en oubliant complètement de refermer le robinet de vidange. Vers 17h, elle appelle M. Gilbert Bolléa, à la tête d’une entreprise d’installateur sanitaire, de chauffagiste et de couvreur, lui annonçant qu’elle pense avoir fait une grosse bêtise. Sitôt sur place, M. Bolléa ne peut que constater que la chaudière a totalement brûlé, le fond étant encore rougeoyant ! Une nouvelle chaudière à vapeur est dénichée en Suisse alémanique ; malgré des routes quasi impraticables à cause de très fortes chutes de neige, Rizieri Giobellina, le père de Jean-Pierre, va la chercher en camion et la ramène à bon port. La salle devant être chauffée pour le bal du 31, le personnel de l’entreprise Bolléa travaille sans relâche durant 3 jours et 3 nuits. Au dernier moment, il apparait que le collecteur de la nouvelle chaudière n’est pas adapté aux tuyauteries existantes de la salle du Nord. Or l’ancienne a déjà été évacuée par le ferrailleur Bader de St-Triphon. Il faut descendre fouiller dans les tas de ferraille, sous la neige à St-Triphon, pour finalement récupérer l’ancien collecteur et le remonter sur la nouvelle chaudière juste à temps pour que la salle soit chaude le 31 au soir !

En ce qui concerne l’étude complète promise par la Municipalité pour savoir ce qui reste à rénover dans la salle du Nord, relevons que l’architecte Jean Kropf, mandaté par la Municipalité de l’époque, avait effectué une étude complète en 1974 pour la rénovation totale de la salle. Un rapport qui a dû rester dans les tiroirs !

Enfin pour en terminer avec la salle du Nord, voici un article datant de 1973 qui montre que cette salle a déjà fait bien des remous à l’époque !

 (jpd)

Et en prime pour les lecteurs de la Gazette, une photo du début du XXème siècle du virage du Nord, avant la construction du bâtiment qui abrite notre salle communale aujourd'hui.

Fait divers

Le mur de la discorde

Pour en terminer avec la dernière séance du conseil communal :

A l’heure des questions individuelles, M. René Vaudroz (Entente) s’est dit étonné de voir un mur en béton dénaturer la zone du Temple du Village où tous les murs sont constitués de magnifiques moellons en pierre massive de la région. Le Syndic Jean-Marc Udriot lui a répondu que la Municipalité avait déjà réagi. Lors de la mise à l’enquête de la transformation du bâtiment Le Tilleul, en automne dernier, le nouveau propriétaire avait souhaité ériger une palissade en bois pour se constituer un espace privatif devant sa résidence. La Municipalité d’alors avait refusé la palissade et demandé que le mur soit réalisé en pierre naturelle, dans le style des murs existants. Constatant durant l’été que le mur avait été construit en béton par l’entrepreneur, la Municipalité a réagi et une séance doit avoir lieu prochainement avec les parties concernées pour voir si les dégâts peuvent encore être réparés, par exemple en plaquant des pierres naturelles ou artificielles sur le mur en béton.

Ci dessus à gauche, la situation avant le début des travaux, avec un spelndide mur en moellon mettant en évidence le Temple de Leysin. A droite, la situation actuelle.

A l'heure de boucler cette édition, on m'apprend que le mur en question a été tagué dans l anuit de mardi à mercredi! Une réaction aussi stupide que non réfléchie puisque des négociations sont en cours pour tenter de réparer les dégâts.

Politique : au menu du prochain conseil communal

250 000 francs pour améliorer l'accueil à Leysin ?

Le gros morceau du prochain Conseil communal, agendé au jeudi 28 septembre prochain à 20h15 à la Maison de Paroisse, sera l’acceptation ou non de la participation de Leysin à la seconde phase du projet Enjoy Switzerland pour les années 2007-2008. Le Conseil devra se prononcer sur un crédit de 250 000 francs destiné à financer ce projet dont la finalité est d’améliorer durablement le fonctionnement de tous les rouages touristiques de la station afin de la rendre plus compétitives sur un marché toujours plus difficile.

 Enjoy Switzerland est un projet lancé à l’initiative de Suisse Tourisme, destiné à améliorer durablement la qualité des offres touristiques de la Suisse. Une phase pilote a permis de tester le concept ces trois dernières années dans 4 stations, dont Villars-Gryon pour la région des Alpes vaudoises. À la fin de l’année, une seconde phase devrait débuter dans 5 nouvelles destinations dont Leysin si le Conseil suit les conclusions du préavis municipal la semaine prochaine. La Gazette reviendra plus en détails sur ce projet après la prochaine séance du Conseil communal.

 Le glissement de la Frasse dompté ?

Autre sujet à l’ordre du jour du prochain conseil communal, la participation financière de Leysin pour réaliser une variante minimale des travaux destinés à stabiliser le glissement de la Frasse. Un glissement qui nécessite des soins constants depuis des dizaines d’années afin de minimaliser son impact et de garantir un accès vital pour la vallée des Ormonts et le plateau de Leysin. Les travaux projetés pour l’an prochain et pour lesquels la Canton a déjà accordé 8.7 millions consistent à réaliser une galerie de drainage de 4.6 à 6 m de diamètre, d’une longueur de 720 m dans la partie aval du glissement, ainsi qu’à renforcer le lit de la Grande Eau sur 800 m afin lutter contre l’érosion au pied du glissement. D’un coût total  de 16 millions, ces travaux nécessitent une participation financière de 150 000 francs pour chacune des 4 communes concernées par ce glissement, à savoir Ormont-Dessus, Ormont-Dessous, Aigle et Leysin.

(jpd)