Chronique à parution épisodique; publiée à ses frais et en dehors de son temps de travail par
Jean-Pierre Dulex
La Gazette

Leysenoude

Le contenu éditorial, en particulier les texte de la rubrique «Point de vue» ne reflète que l'opinion de leur auteur.
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Numéro 30

du 28 juin 2007

Sommaire :

Loisirs

Après la discothèque et un bar, au tour du cinéma ?

Eneigement mécanique

Faut-il enlever les perches à neige ?

Politique

Compost Riviera Chablais
notre affaire Swissair à nous !

La parution de la Gazette est irrégulière. Si vous désirez être tenu au courant de la sortie d'un nouveau numéro et de son sommaire par courriel, faite le moi savoir par un petit mot à gazette@meteoloeysin.com

Diminution drastique de l'offre de loisirs

Après la discothéque, au tour du cinéma ?

Sur ce sujet voir aussi par ici les précisions données sur la fermeture de la discothèque et le départ de la garderie Arc-en-Ciel par Jean-Claude Bonelli, le président de la Compagnie hôtelière des Alpes vaudoises SA
Un cinéma à Leysin ? Bientôt plus qu'un souvenir?

Alors que le Club 94 a définitivement fermé ses portes a fin avril suite à la reprise de l’Hôtel Central Résidence par de nouveaux propriétaires, c’est maintenant au tour du cinéma le Regency d’annoncer sa cessation d’activité, également suite à la reprise de l’Hôtel Classic par une nouvelle société. Pour la même raison, le bar Le Gentleman a lui aussi d’ores et déjà mis la clé sous le paillasson. Des pertes déplorables pour la station, tant du point de vue de l’offre touristique que pour la population locale et estudiantine.

Après des années de tergiversations, tant l’hôtel Central Résidence que le Classic Hôtel, tous deux tombés dans la masse en faillite de Leysintours en 2004, ont donc enfin trouvé des repreneurs, qui de plus acceptent de poursuivre une exploitation hôtelière. Une fort bonne nouvelle pour la station qui manque déjà cruellement de lits hôteliers puisque ces deux hôtels représentent à eux seuls une forte majorité de la capacité hôtelière leysenoude. Le Central Résidence compte en effet 180 lits en catégorie 3 étoiles, alors que le Classic, le seul 4 étoiles de la station, en offre lui 230 ; alors que l’on atteint à peine les 300 lits en additionnant tous les autres hôtels de la station !

Du côté des repreneurs, on trouve la «Compagnie hôtelière des Alpes vaudoises SA» qui a racheté le Central Résidence pour 2,2 millions de francs et qui s’apprête à investir 1,5 million pour rafraîchir les chambres et la réception. La «Compagnie hôtelière des Alpes vaudoises» a été inscrite au registre du commerce le 27 mars dernier . Dotée d’un capital action de 750 000 francs, elle a pour but «l’acquisition, la mise en location et l’exploitation d’établissements publics et des opérations immobilières». Le président du Conseil d’administration en est Jean-Claude Bonnelli, qui exploite déjà plusieurs établissements hôteliers aux Mosses et les administrateurs en sont son frère Jacky Bonelli, patron de l’hôtel Le Grand-Chalet à Leysin, René Vaudroz, directeur de TeleLeysin et Jacques-Simon Eggli de Genève.

Dès la reprise de l’établissement connue, les nouveaux propriétaires ont fait savoir au tenancier du Club 94, la seule discothèque de Leysin qui avait déjà dû quitter les locaux du Mont-Blanc lors de la reprise de ce bâtiment par une nouvelle école hôtelière que le contrat n’allait pas être renouvelé. Une boite de nuit qui a ainsi mis la clé sous le paillasson à fin avril. Notons par ailleurs que le Central Résidence abrite également la garderie Arc-en-Ciel et que cette dernière va également devoir quitter les lieux, plusieurs solutions étant à l’étude actuellement pour lui trouver un nouvel emplacement.

En ce qui concerne le Classic Hôtel, c’est la «Société hôtelière des Alpes SA» qui a racheté les bâtiments pour 3,75 millions de francs. Si le syndic Jean-Marc Udriot reste le directeur opérationnel du Classic, on ne trouve par contre pas trace de son nom parmi les administrateurs de la société inscrite au registre du commerce dès le 22 mars dernier. Dotée d’un capital de 100 000 francs, la «Société hôtelière des Alpes» est en effet présidée par Jacques Gilliéron, municipal à Préverenges et propriétaire d’une fiduciaire, alors que les administrateurs en sont Jacques Buschi de Pierrafortscha (FR) et Walter Koller de Duillier. Les nouveaux propriétaires envisagent d’investir deux millions de francs ces trois prochaines années pour rafraîchir le mobilier et les moquettes ainsi que pour améliorer l’acoustique des salles de conférences. Un espace wellness devrait également venir compléter l’offre de l’hôtel.

Le bar le Gentleman n’a pas trouvé grâce aux yeux des nouveaux propriétaires et à d’ores et déjà été fermé, alors que le cinéma, dont l’exploitation se solderait par des pertes annuelles de 50 à 70 000 francs, devrait cesser son activité avant la fin de l’année !

Si le maintien de l’exploitation de ces deux bateaux amiraux de l’hôtellerie leysenoude que sont le Central et le Classic est une très bonne nouvelle pour la station, la fermeture de la discothèque, d’un bar et du cinéma, sans compter la menace qui plane sur le sort de la garderie, en sont une bien moins bonne. Pour le cinéma, c’est clair que ce ne sont pas les 13 000 francs de subsides annuels à cette institution que l’on trouve dans les comptes communaux qui vont peser lourd dans la balance. Il conviendra donc de se pencher rapidement sur ce dossier, pour tenter de maintenir à un coût acceptable pour la collectivité une offre culturelle appréciée tant par les hôtes que par la population résidente. En ce qui concerne la discothèque, trouver de nouveaux locaux ne sera probablement pas une sinécure tant il est sûr que tout projet d’implantation dans des bâtiments existants fera surgir des oppositions.

Alors quelle solution préconiser ? Faire d’une pierre plusieurs coups en construisant une nouvelle salle polyvalente du côté de la place des Feuilles, avec des locaux pour une discothèque en sous-sol, un espace pour des projections et se doter enfin d’une vraie salle pour des activités culturelles qui remplacerait avantageusement une rénovation lourde, chère et quasi fatalement boiteuse de notre vétuste salle du Nord ? On peut en rêver, mais encore faudra-t-il que la commune en ait les moyens financiers et la volonté politique. A suivre…

Jean-Pierre Dulex

Le Central Résidence perd sa discothèque, mais devrait retrouver une nouveau standing grâce à 1,5 millions d'investissement pour le rénover. Tant mieux car il en a un urgent besoin.

Que faire des perches à neige durant l'été ?

Convention et promesse non tenues

Lors de la séance du Conseil communal du 28 septembre 2006, j’avais demandé pourquoi les perches à neige n’avaient pas été enlevées par TeleLeysin durant l’été comme prévu par une convention signée entre la commune et les remontées mécaniques et comme cela avait d’ailleurs été le cas durant l’été 2005. L’été dernier en effet, seules les dernières perches à neige, visibles depuis la station, avaient été enlevées, toutes les autres dès le bas de la combe Tresseleyres étant restées en place. J’avais par ailleurs précisé dans mon intervention que personnellement l’enlaidissement supplémentaire du paysage causé par ces tubes métalliques ne me dérangeait guère. Les pistes de ski étant de toute façon déjà fortement perturbées, traxées, aplanies, parfois recouvertes de copeaux ou compost ravinés par les eaux de pluies, parfois replantées avec des espèces certes vertes mais sans la moindre valeur botanique et déjà souvent bordées des pylônes des remontées mécaniques. Je m’étais par contre demandé si les perches ainsi laissées en place ne risquaient pas de subir des dégâts, notamment par le bétail qui vient se frotter contre.

En lisant le procès-verbal officiel de la séance (que chacun peut d’ailleurs se procurer sur le site de la commune), on peut lire que le Syndic Jean-Marc Udriot m’avait répondu «qu’en ce qui concerne les perches, dans la convention signée, il est clairement défini que les perches doivent être enlevées. D’après l’exploitant (TeleLeysin) si on enlève les perches chaque année, c’est de la manutention et on endommage le matériel» . Pour sa part, le Conseiller André Hefti, par ailleurs président du Conseil d’administration de TeleLeysin, avait dit «regretter que ces perches n’aient pas été enlevées comme mentionné dans la convention signée avec TéléLeysin» et  il avait encore ajouté qu’il «fera le nécessaire pour que ce soit fait en 2007».

Aujoud’hui, force est de constater que cette promesses est restée lettre morte comme le prouve la photo ci-dessous prise ce mardi 26 juin. Comme l’an dernier, seules les perches visibles de la station ont été enlevées, toutes les autres sont restées en place, la convention signée est donc une nouvelle fois non respectée…

Jean-Pierre Dulex

Déconfiture de Compost Riviera - Chablais

Notre affaire Swissair à nous !

La SA Compost Chablais Riviera sera donc finalement vendue à la SATOM pour 5,5 millions de francs. C’est en tout cas ce qu’a décidé le 13 juin dernier l’assemblée générale des actionnaires de la compostière de Villeneuve. Les 26 communes et deux cantons concernés devront donc passer une fois encore à la caisse et débourser quelques 4 millions de francs : 2 millions pour éponger les dettes et 2 millions supplémentaires pour la perte de capital.

Pour mémoire, l’usine de Villeneuve n’a jamais fonctionné correctement et a déjà englouti plus de 26 millions de francs. Le choix d’une technologie non maîtrisée, des erreurs de planification et de gestion et, cerise sur le gâteau, l’indélicatesse de son dernier directeur accusés d’avoir détourné plus de 100 000 francs, ont eu raison de l’entreprise qui a fermé ses portes en mars dernier.

Une affaire de plus qui montre les limites d’une gestion de telles entreprises par les miliciens que sont nos municipaux. Quelles que soient leurs volontés de bien faire, les délégués des 26 communes n’ont pour la plupart, ni le temps ni les connaissances pour se plonger dans les détails techniques de l’entreprise, ni dans les arcanes de ses finances. Ils en sont donc le plus souvent réduits à faire confiance aux dirigeants en place et aux organes de contrôle financier et ils se contentent de lever bravement la main lors des assemblées générales, avant de passer à des choses plus divertissantes lors des agapes qui succèdent aux séances.  C’est ainsi que l’on aboutit à des situations du genre des abattoirs de Clarens ou de la compostière de Villeneuve. Il est pourtant certain que l’immense majorité des représentants des autorités est de bonne foi, mais en tant que milicien, le plus souvent non spécialistes du monde de la finance, il n’est guère étonnant qu’ils soient parfois dépassés par l’ampleur et la complexité des tâches à accomplir lors de la mise sur pieds d’entreprise de ce genre.

Ce qui est toutefois choquant dans la récente décision de l’assemblée générale, c’est qu’au lieu de prendre acte du fiasco d’une gestion publique déplorable, nos élus ont décidé de refiler l’eau du bain et le bébé à …une autre gestion publique, à savoir à la SATOM. On passe ainsi gaiement d’une gestion à 26 communes et 2 cantons à …94 communes et toujours 2 cantons ! Il existait pourtant une offre du secteur privé, faite par les alémaniques de Kompogaz, qui plus est plus favorable  de 700 000 francs que celle issue de la SATOM. Kompogaz a par ailleurs largement prouvé son savoir faire et sa maîtrise en matière de méthanisation des déchets verts. Mais apparemment nos élus semblent vouloir continuer de travailler en famille, comme l’a dit Claude Défago, directeur de Radio Chablais dans un commentaire publié sur le site de la radio chablaisienne :«faut-il comprendre qu’une mauvaise gestion commise en famille ne sera jamais mieux cachée que si elle reste en famille».

En ce qui concerne Leysin, quels seront les coûts de la débâcle de l’usine de Villeneuve ? Le syndic Udriot n’a pas pu (ou voulu) apporter de précision lors du dernier Conseil communal en réponse à l’une de mes questions sur le sujet. Au vu du cautionnement solidaire de la commune et des dettes à éponger, gageons que ce montant approchera ou dépassera les 200 000 francs, soit près de 600 francs par habitant si l’on se base sur un nombre total de résidents à l’année de 3500 personnes ! Il serait d’autre part intéressant de savoir quel a été le vote du représentant de Leysin lors du vote du 13 juin dernier : SATOM ou Kompogaz ?

Jean-Pierre Dulex